Pour décrire une image de cours, commencez par la tâche demandée à l’élève. Une photographie décorative, un graphique à interpréter et un schéma de relations ne transmettent pas la même information. La description doit permettre d’accéder à ce qui compte dans l’activité, tout en conservant le travail de raisonnement attendu.
Cette page fournit trois cas de conception originaux, décrits textuellement et entièrement fictifs. Ils constituent un atelier de rédaction d’alternatives, pas des images déjà testées avec une aide technique. Aucun document final n’est certifié accessible.
Distinguer fonction et apparence
Demandez-vous ce qui disparaîtrait si l’image était retirée. S’il manque une donnée, une relation ou une étape, elle est informative. Si le texte voisin contient déjà toute l’information et que l’image n’a qu’une fonction d’ambiance, son traitement peut être décoratif selon le contexte et le format.
La DRANE Nantes explique le rôle de l’alternative textuelle pour la restitution d’une image par les lecteurs d’écran. Renseigner ce champ est une opération utile, mais son existence seule ne prouve pas que la description répond au besoin pédagogique.
Ne commencez donc pas systématiquement par les couleurs, les formes ou les positions. Leur intérêt dépend de l’activité. La couleur d’une barre peut être secondaire pour comparer deux effectifs, mais indispensable si la consigne porte précisément sur une convention de représentation.
Cas original 1 : un graphique à interpréter
Imaginez deux barres représentant des inscriptions fictives à des ateliers : lecture, 12 inscriptions ; robotique, 18 inscriptions. La consigne demande : « Quel atelier compte le plus d’inscriptions et de combien ? » Les élèves connaissent la soustraction.
Une alternative peu utile serait « graphique bleu et vert ». Elle décrit l’apparence sans donner les données. Une autre serait « la robotique gagne avec six inscriptions de plus ». Elle fournit directement le raisonnement attendu.
Proposition d’alternative : « Diagramme comparant les inscriptions à deux ateliers. Les valeurs sont données dans le tableau suivant. » Le tableau associé contient simplement lecture : 12 ; robotique : 18. L’élève conserve la comparaison et le calcul à faire. Si l’axe, son échelle ou une rupture constituent l’objet de la question, ces éléments doivent aussi être décrits.
Le corrigé séparé est : robotique, avec 18 moins 12, soit 6 inscriptions supplémentaires. Cette séparation entre donnée et conclusion relève de notre conception de l’exercice, pas d’un résultat d’essai.
Cas original 2 : un schéma de relations
Imaginez trois boîtes intitulées « recueillir », « vérifier » et « publier ». Une flèche va de recueillir vers vérifier. Depuis vérifier, une flèche « complet » mène à publier et une flèche « information manquante » revient à recueillir.
Une courte alternative pourrait être : « Schéma de décision pour préparer une publication ; description des étapes ci-dessous. » La description longue restitue ensuite les trois étapes et les deux sorties du contrôle. Elle ne se limite pas à « trois rectangles reliés par des flèches » : le sens des liens est indispensable.
Le W3C distingue description courte et description détaillée pour les images complexes. Notre schéma suit cette logique de représentation du contenu, sans prétendre qu’une longueur précise conviendrait à tous les visuels.
Si la consigne demande de repérer une boucle, conservez les relations sans ajouter « la boucle est ici ». Vous donnez accès au réseau d’informations sur lequel l’élève doit raisonner. Une adaptation pédagogique plus importante peut rester nécessaire selon l’objectif et les besoins connus.
Cas original 3 : une photographie utilisée comme document
Supposons une photographie fictive d’un arrêt de bus : trois personnes attendent sous un abri, une quatrième reste à côté, un panneau indique deux lignes. La tâche consiste à distinguer observation et interprétation.
Description proposée : « Quatre personnes se trouvent près d’un arrêt. Trois sont sous l’abri et une à côté. Le panneau porte deux numéros de ligne. » Évitez d’ajouter « une personne impatiente attend son bus » : l’impatience et l’intention ne sont pas établies par la description seule.
Si le document devait servir à étudier l’organisation de l’espace, précisez les positions relatives pertinentes. Pour une autre tâche, elles pourraient être inutiles. Une même photographie peut donc nécessiter des descriptions différentes selon son rôle, sans que l’une soit universellement meilleure.
Grille originale de relecture
Copiez ces questions avant de saisir l’alternative dans votre logiciel. Faites relire le texte avec la consigne, pas isolément.
| Question | Indice attendu |
|---|---|
| La fonction du visuel est-elle définie ? | Donnée, relation, document à observer ou décoration |
| Les informations utiles sont-elles accessibles ? | Valeurs, unités, légende ou liens conservés |
| L’observation reste-t-elle distincte de l’interprétation ? | Aucun état ou motif inventé |
| La réponse est-elle donnée involontairement ? | Le raisonnement demandé reste à effectuer |
| Le détail dépasse-t-il une courte phrase ? | Description structurée ou tableau associé |
| Le fichier final a-t-il été contrôlé ? | Outil, date, résultat et limites consignés |
La dernière ligne concerne une étape réelle à venir. Lisez d’abord votre description sans regarder le visuel, puis confrontez-la à la tâche. Ce premier examen n’est pas un test de lecteur d’écran.
La description doit trouver sa place dans un support correctement structuré. Après export, le contrôle du PDF permet d’examiner si cet accès à l’information a été conservé.
Questions fréquentes
Faut-il décrire toutes les couleurs ?
Décrivez celles qui transmettent une information nécessaire. Si une couleur sert seulement à distinguer des groupes, nommez aussi les groupes et leurs valeurs pour ne pas faire dépendre l’accès du repérage chromatique.
Une description automatique suffit-elle ?
Elle doit être relue et corrigée selon l’image et la consigne. Ne supposez pas qu’un outil connaît l’objectif d’apprentissage ou distingue une observation d’une interprétation.
Où placer une description longue ?
Placez-la à proximité ou rendez son accès explicite depuis le visuel. Le mécanisme dépend du format et doit être vérifié dans le fichier distribué, notamment après un export PDF.
Sources Nantes et W3C relues le 10 septembre 2026. Utilisez la grille sur un premier visuel, puis intégrez sa description dans un support structuré. Pour la projection, préparez également une explication orale du visuel.